David Muscat


Biographie

Sept titres consécutifs de Champion de France Superproduction et Supersport se gagnent avec du travail, du caractère, du talent, de la fidélité et de la passion.

Ce fait plus de vingt ans que David Muscat met tout cela en œuvre pour défendre sa vision de la course et de la vie.

1985 : le galet pour débuter

A 15 ans, David découvre la compétition par le Solex. « Un gars (il faudrait que je redemande son nom à David s'il veut le citer) qui tenait un magasin de cycles dans mon village m'a repéré. Il m'avait vu rouler en mob et il m'a proposé de faire des courses de solex. A cette époque-là, je menais une vie où je me faisais pas mal l'argent mais il m'a fait comprendre que je devais faire un choix. Ça n'a pas été facile mais je l'ai fait ». David gagne en Solex mes premières primes de courses et reprend ses études de carrosserie Mais il se retrouve confronté au problème de tout pilote qui veut s'investir vraiment dans la compétition. « Je devais partir le vendredi pour les courses et je manquais les cours du vendredi et samedi matin. Même chose si je me mettais à travailler. J'ai donc du bosser au noir en retapant des voitures et des camions pour financer ma saison. La seule chose que ne je payais pas à l'époque, c'étaient les pneus ».

 

1988 : premières courses moto, premiers podiums

En 1988, David termine 2 e de sa première et unique saison en Promosport 125. Repéré par Honda France, on lui propose de participer au Challenge 125 Honda qu'il remporte l'année suivante en 1989. Cette victoire devait lui permettre de bénéficier la saison suivante d'une Honda 125 avec la structure course et les pneus pour courir en Championnat d'Europe. « Mais durant l'hiver, les choses ont changé. Honda n'a pas trouvé le budget et n'a pas tenu ce qui était promis. Ils m'ont donné une moto et des pièces pour que je fasse ma saison tout seul. Là, mon caractère a fait que j'ai certainement pris une mauvaise décision mais je l'assume. J'ai pris le matériel que j'avais gagné, je l'ai vendu et j'ai roulé ailleurs. J'ai rencontré Frédéric Protat quand il roulait en Mondial 250 sur Aprilia. Il m'a vendu une 250 Aprilia (cher mais j'ai pu lui payer en plusieurs fois !) pour faire l'Open 250. A l'époque, il y avait un gros plateau relevé avec deux Yamaha et deux Honda officielles. Frédéric m'a bien aidé pour régler la moto et j'ai gagné l'Open 250 avec mon Aprilia privée. C'était en 1992. Mais malgré le titre, je me suis retrouvé tout seul en 1993 à galérer en Championnat d'Europe et en Championnat de France 250 ».

 

1994 : rencontre avec Jacky Germain…

« Quand j'étais gosse, j'écoutais les retransmissions des Grand Prix sur RMC et je lisais les journaux pour suivre ce que faisait Sarron ou Pons, les pilotes Yamaha managés par Jacky Germain. Ils me faisaient rêver. Alors, quand Germain m'a appelé pour intégrer la structure Yamaha en 1994, j'y suis allé les yeux fermés et je ne le regrette pas. Ma rencontre avec Jacky Germain a changé le cours de ma vie. Ça a changé ma façon de voir la course, de travailler, de la gérer et d'avoir des résultats. Il m'a tout appris. Quand je suis arrivé chez lui, j'avais déjà gagné des courses, j'étais un mec qui savait rouler à moto. Quand je suis sorti de chez lui, j'étais un pilote. Ça m'a valu quelques baffes et quelques remontées de bretelles parce qu'il était assez rude avec moi mais il est l'artisan de toute la réussite qui a suivi notre association. Il m'a canalisé. Il m'a appris mon travail de pilote, fait comprendre que ce n'est pas inné et qu'il faut mettre les choses bout à bout, apprendre à s'entraîner, à gérer mes efforts, à construire une séance d'essai, à choisir des pneus, à analyser et à retransmettre les réactions de la moto »

 

… Et quelques paires de baffes

« Il n'y avait qu'une seule chose sur laquelle nous n'étions pas d'accord, c'était la stratégie de course… et je ne suis toujours pas d'accord ! En 94, on faisait le Championnat de France et le Championnat d'Europe 250. Il y avait Jacque et Laconi sur les Honda kitées de l'Equipe de France, plus performantes que la notre. Germain voulait que reste derrière en attendant une faute des Honda mais le problème, c'est que je ne restais pas derrière ! Si ça passait, j'étais un héros. Si ça ne passait pas, je me prenais une baffe. Une fois, à Carole, j'étais dans la roue de Jacque, mais il s'est bourré juste devant moi. Je suis tombé aussi, je suis reparti et j'ai fini 5 e . En rentrant au stand, Germain m'a mis une grosse baffe puis il m'a dit… mais c'était joli !  »

En 1994, alors que David est en tête du Championnat d'Europe 250, une chute sous la pluie à Assen le prive du titre et d'une ouverture vers les Grand Prix en 1995. Il repart pour une saison en Europe 250 avec Jacky Germain en 1995 mais ils décident d'un commun accord d'arrêter à mi-saison par manque de budget. Après deux saisons quasiment blanches, David rencontre un autre personnage déterminant…

 

1998 : rencontre avec Marcel Seurat

« Marcel Seurat m'a appelé en 1998 pour remplacer William Rubio qui s'était blessé. Je n'avais jamais couru avec un 4T. Quand j'ai essayé la 748 la première fois, je me suis dit que jamais je n'arriverais à rouler avec cet engin. Seurat m'a dit «  un bon pilote doit rouler avec n'importe quoi. Si tu ne t'y fais pas, c'est que tu es un mauvais et au bout de trois courses, je te vire si je ne suis pas content de toi  ». J'ai fait 8 e à la première course et j'ai gagné les deux suivantes. Sur les huit courses de la saison, j'en ai gagné trois et je termine 4 e au Championnat de France Supersport ».

En 1999, Seurat a perdu l'importation Ducati mais réussit à trouver les conditions pour que David puisse rouler en Championnat de France avec une Ducati prêtée par un concessionnaire de sa région. Avec l'aide de Ducati France en cours de saison, il termine 3 e en Championnat de France Supersport. Mais en 1999 comme aujourd'hui, David ne gagne sa vie avec la course que s'il gagne le championnat. « C'est moi qui l'ai voulu ainsi car si j'avais réclamé ce que les autres demandent pour faire le championnat, Ducati ne se serait jamais engagé en compétition car ils ont des moyens très limités ».

En 2000, David commence à travailler avec l'Ecole de la Performance à Nogaro pour la préparation de la moto et les résultats ont suivi.

 

Et toujours la fidélité

Homme de caractère, David Muscat est aussi un homme fidèle. « Je ne me fie pas aux contrats mais aux hommes que je rencontre ». Depuis ses premières courses de solex, il travaille avec Michelin et même en période difficile comme sur cette saison 2007, il a décidé de ne pas lâcher Michelin. Même chose pour Furygan qui a toujours été son partenaire cuir comme pour Ducati et Assurance Moto Service !